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Les eaux souterraines. La
rivière Eyrolle. La vallée de Louyres. La Baume de Chabanne.
La partie calcaire du
massif du Coiron constitue l'un des ensembles karstiques les plus
important du département. En terrain calcaire, les eaux s'infiltrent et
l'essentiel de la circulation hydrologique s'effectue par le biais de
rivières souterraines.
Le Massif du Coiron ne fait
pas exception ; cependant, pour l'instant, seules quelques toutes
petites sections de cette rivière souterraine sont connues des spéléologues.
L'accès connu, le plus
septentrional, se fait par la perte du Grand Pré, perte située dans le
ravin, à proximité de la bergerie de Maurice Cusson à S` Laurent ;
mais cet accès est maintenant obstrué.
Le second regard est situé
à quelques centaines de mètres en contrebas, dans l'aven des Blaches,
aven rendu dangereux par les chutes de pierres.
L'accès principal à la
rivière souterraine demeure l'aven de CombeRajeau, toujours situé
dans le ravin de l'Eyrolle. La rivière souterraine suit ensuite la Vallée
de Louyres qui l'alimente par ses nombreuses pertes, puis elle poursuit
son cours sous les bois des Rieu, en direction de Lavilledieu et SaintGermain,
jusqu'à la résurgence du Pontet à Vogüe, située 2 ou 3 mètres sous
le niveau de l'Ardèche. Comment connaissons-nous le trajet de ces eaux souterraines
1- La résurgence
temporaire du Câble dans Louyres, juste au dessus du vieux câble qui
traversait la vallée pour le transport du bois, ainsi que celle de
Chabanne (appelée aussi "grotte de Louyres") sont autant
d'indications précieuses sur l'existence et la puissance de la rivière.
2- Lors de la crue
centenaire de 1995, une dalle de villa a été abîmée à Lavilledieu
par la puissance des eaux souterraines dont les conduits normaux ne
parvenaient pas à écluser la quantité d'eau tombée ce jour-là sur
la région.
3- L'aven du Chasseur, lui
aussi situé sur le plateau de Voguë -St Germain, constitue lui aussi,
un regard sur cette rivière. En septembre 1995, la pression de l'eau était
telle qu'un geyser de quelques mètres sortait de son entrée, événement
que seules quelques personnes âgées de St Germain avaient déjà
connu.
Autant de repères fiables
sur le trajet de cette rivière, trajet vérifié par coloration à la
fluorescéine dans les années 1970.
Depuis fort longtemps, les
spéléologues d'Aubenas travaillent sur ce massif. |
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Il faut noter les
excellentes relations établies par les spéléologues avec la
population locale qui, très souvent, fournit de nombreuses pistes forts
utiles aux recherches des spéléos.
Du fait de ces relations
privilégiées, lorsque le spéléo-club d'Aubenas décida, au printemps
1994, de pomper le siphon de la grotte de Chabanne - résurgence
principale du système - les pompiers de Lussas, sous la responsabilité
de Michel Vital, leur vinrent en aide en leur prêtant gracieusement une
pompe et des tuyaux.
Ce jour-là, la grotte vit
défiler une bonne partie de la population de Lussas et des environs, et
un bon nombre de spéléos ardéchois.
Parmi les Lussassois présents,
il faut noter la présence de Jean Gente, originaire du village de
Louyres, et qui, toujours curieux des phénomènes de la nature, s'intéressait
depuis longtemps aux eaux souterraines locales.
L'opération se déroula
d'un vendredi soir au dimanche matin ; on pompa durant 15 heures plus de
2000 m3 d'eau. Le siphon s'avéra long de 130 mètres. Malheureusement,
après le siphon, les spéléos se heurtèrent à un second séparé du
premier par une petite escalade. Il fallut abandonner la partie : la
rivière souterraine se défendait bien.
660 mètres de galeries
furent topographiées.
A cette occasion, quelques
Lussassois, à la fibre spéléologique, eurent le privilège
d'emprunter le canoë des spéléos pour aller contempler les eaux
limpides du deuxième siphon.
Il y eut bien quelques
incidents mais le privilège de voir ce que nul être humain n'avait
jamais admiré dégagé des eaux valait bien un bain forcé.
Voir photo ci-jointe. On
reconnaîtra :
- Roland Oddes su spéléoclub
d'Aubenas qui, à ce jour, a élu domicile au vieux village de Louyres.
-
Gilbert Platier, spéléo de La Voulte.
Il faut garder en mémoire
la violence des crues de Chabanne - 3 m3/s au bas mot le week-end de
Pentecôte 1998 - de quoi faire rêver des générations de spéléos
sur la grosseur des conduits souterrains par lesquels transitent les
eaux.
Les explorations antérieures
sont décrites comme suit par Philippe Drouin et Thierry Marcciano dans
"Spéléo Sportive en Ardèche" :
A l'occasion du pompage,
les plongeurs du GRPS de Lyon prirent le relais des spéléos
"pompeurs" et plongèrent dans le second siphon mais sans
atteindre une quelconque sortie.
En 1978, les plongeurs du
Spéléo-Club de Paris font 230 mètres dans le deuxième siphon qui
possède un point bas profond (moins 25 mètres). |
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En
1981, le célèbre plongeur de Grenoble, Frédéric Poggia, accompagné
de Jean-Marie Chauvet (le découvreur de la grotte du même nom),
prolongent ce siphon jusqu'à 290 mètres et découvrent 10 mètres de
galerie noyée à proximité d'une trémie.
La
même année, d'autres plongeurs spéléos du sud, J.C. Chouquet, F.
Verouger et P. Penez prolongent le deuxième siphon jusqu'à 360 mètres
et butent sur une trémie (en éboulement) en plafond, inaccessible à
un être humain.
Conclusion.
La
Beaume de Chabanne constitue une importante résurgence temporaire du
système hydrologique du Coiron.
Au
vu des explorations de la grotte du Câble voisine, explorations
toujours d'actualité, le drain souterrain principal appelé
"collecteur" n'est pas loin mais peu d'espoir semble permis côté
Chabanne compte tenu de la trémie terminale.
Ce
compte rendu d'exploration nous a été remis par Anne-Marie GenuiteBarbe
qui a participé à cet événement. |
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