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Journal le MONDE 1977 Digne représentant d'une ancienne lignée implantée depuis des siècles sur le hameau des Rieux, Jean Amblard s'emploie aujourd'hui à cultiver activement la mémoire de ses ancêtres. L'arbre généalogique des Amblard semble truffé de figures picaresques. Parmi les derniers avatars de cette grande lignée, le patriarche Jean Amblard n'est déjà pas des moindres. Il suffit de le rencontrer pour comprendre comment deux de ces ancêtres aient voulu quitter, plus de deux siècles auparavant la ferme familiale afin d'aller guerroyer dans le Nouveau Monde. Celui qui, au hameau des Rieux, ce « village d'Astérix dont Lyon est la banlieue », connait de ses aïeux l'existence de sites gaulois et d'arbres à brigands, ou invente des légendes abracadabrantes afin de narguer les touristes, est déjà devenu une attraction en lui-même: Non pas une attraction passive que l'on exhiberait comme un symbole de truculence agreste, mais plutôt comme un moulin à histoires et à projets. De menues histoires elles-mêmes toujours reliées à la grande Histoire, et des grands projets qui naissent alors de ces petites histoires. Car il n'avait pas attendu de mettre la gloire de ses ancêtres à l'ordre du jour pour se voir convoité par les journalistes de France ou d'ailleurs, et même de clouer le bec des plus condescendants d'entre-eux, fussentils envoyés par les grands médias parisiens. Jean Amblard tenait alors sa petite notoriété depuis ses activités de vente de produits régionaux. Ce n'est que plus tard qu'il s'est lancé dans son oeuvre de réhabilitation sur la mémoire des frères capitaines : André Amblard (1754-1817) et André Amblard (1863-1856). « Deux pleines malles » Le point de départ a un air de déjà vu. Le décor est un grenier, et dans ce grenier, deux malles remplies de documents ancestraux relatifs à l'histoire de la famille. Bien-sûr, si leur existence a bercé l'enfance du petit Jean, le père était loin de se douter de la valeur historique de toutes ces paperasses, ou tout au moins de leur exploitation possible.Il y avait pourtant là par exemple des documents sur les états généraux de 1789 , sur la vente des Biens Nationaux, une lettre de Mgr Savine, et surtout les mémoires d'André Amblard, dit Sans-Soucy, officier dans l'armée de Rochambeau lors de la guerre d'Indépendance américaine de 1780 à 1783 et dans le régiment d'artillerie des colonies de 1786 à 1802 (en Inde notamment), ainsi que celles de son frère André, sergent au le` bataillon des Grenadiers de l'Ardèche en 1792, capitaine pendant les campagnes napoléoniennes jusqu'en 1814, et décoré par Bonaparte du ruban de la légion d'honneur (Varsovie, 1814) et de la medaille par Louis XVIII (1814) - deux pièces également détenues dans les fameuses malles. II aura fallu compter sur l'esprit curieux et volontaire de Jean Amblard qui, arrivé en 1989, décide d'exposer à Lussas ces documents dans le cadre du bicentenaire. Leur mise en lumière lui fera prendre conscience de leur valeur réelle, mais, en dépit des offres de certains visiteurs - parmi lesquels des officiels on ne peut plus crédibles, Jean Amblard restera inflexible : les archives familiales ne sortiront jamais de la maison des Rieux. Un site classé napoléonien Mais cette exposition sera surtout l'occasion pour fACMN (Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens) de mettre enfin la main sur le descendant de ce capitaine Amblard, dont l'existence leur avait été signalée par la découverte de ses Etats de Service aux Archives Militaires. Enfin, on sait aussi que Jean Amblard ne souhaitera pas en rester là. Il envisage déjà d'installer aux Rieux une exposition permanente conçue à partir de ses archives. Mais il se garde encore de voir briller les dividendes d'une éventuelle mine historico-touristique. Grand seigneur, Jean Amblard insiste : il n'y aura pas d'exploitation commerciale des exploits militaires de ses aieux en Inde ou en Amérique.
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| NNecrologie
Jean Amblard Une foule émue a accompagné Jean Amblard à sa dernière demeure. Mardi 13 avril l'église de Lussas était bien trop petite pour contenir la foule d'amis qui avaient tenu à témoigner par leur présence, leur sympathie à la famille de Jean Amblard et à l'accompagner à sa dernière demeure. Sur la place de l'église, ses amis et compagnons du monde de la terre évoquaient le passé de cet homme enlevé trop vite a l'affection des siens. Evocation reprise également par le Père Ollier qui célébrait la cérémonie religieuse retraçant le riche passé de cet enfant du village devenu au fil des ans " le pépé Jean des Rieux " . Jean Amblard qui faisait l'unaminités dans le village par sa bonhomie et sa verve, solidarisait une dernière fois le village tant par l'évocation de son passé par ses anciens compagnons de la F D S E A , que par la proximité de ses voisins du quartier Les Rieux, parmi lesquels Aad Dronckert, son voisin néerlandais, qui avait tenu à officier à l'orgue en cette occasion. Les derniers mots de la cérémonie étaient laissés aux enfants de ce quartier qui lui était si cher, et qui lui dédicaçaient une poésie " Pour Pépé Jean ", lue comme un message d'espoir avec une profonde émotion. |
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Deuil
Carnet de deuil : Jean AMBLARD nous a quitté.
Le temps était gris en ce matin de Vendredi Saint, à l’heure où le village s’éveille, alors que l’annonce de la disparition de Jean Amblard s’est répandue comme une traînée de poudre dans le village. Jean s’est éteint au petit matin à l’hôpital de Villeneuve de Berg où il luttait depuis plusieurs mois avec beaucoup de courage face à une implacable maladie. Jean Amblard, c’était pour beaucoup ‘’ Jean de Rieux’’, le petit hameau où il était né le 3 janvier 1928. De son mariage le 4 septembre1954 sont nés 6 enfants, et cet amoureux de la vie avait volontiers troqué son habit d’homme de la terre et de la campagne pour une tenue aussi noble : celle de grand-père puisqu’il l’était 12 fois et une fois arrière grand-père.
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Avenant, prévenant mais toujours avec son franc parler, Jean était un passionné, un conteur né, une mémoire vivante que l’on se plaisait à rencontrer, écouter ou questionner…Cet amoureux de l’Ardèche et de son village, intarissable lorsqu’il laissait libre cours à ses souvenirs, il n’en restait pas moins optimiste, repoussant sans cesse les échéances pour se fixer encore un objectif qui lui tenait tant à cœur : célébrer dignement cet automne ses cinquante ans de mariage. Le destin en a décidé autrement pour ce père de famille nombreuse qui avait orné son existence d’activités qu’il se plaisait à mener de front tout en gérant sa ferme et ses terres. On le retrouve ainsi au fil de sa vie délégué cantonal de la F.D.S.E.A, administrateur du Crédit Agricole d’Aubenas, Assesseur au Tribunal de Privas, administrateur du Centre de Gestion de Privas, Adjoint à la Mairie de Lussas, Membre du Conseil d’administration de la Cave Coopérative vinicole de Lussas…. Malgré ses activités nombreuses et diversifiées, Jean de Rieux était un passionné d’histoire familiale : Issu d’une famille au passé historique, il avait reconstitué les archives familiales et remonté le cours de son histoire personnelle jusqu’en l’an 1570, et c’est avec une certaine fierté qu’il détenait comme une relique une Légion d’Honneur remise en personne par l’Empereur Napoléon à l’un de ses ancêtres, compagnon de Lafayette et Rochambeau dans la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis…Félibre dans l’âme, il aimait entretenir les évènements locaux, les transmettre, voire les enjoliver au rythme de sa bonhomie coutumière , à l’abri de son feutre de gardian dont les murets de basalte et les maisons du hameau de Rieux si chers à son existence retiendront longtemps l’ombre… Les obsèques de Jean Amblard seront célébrées mardi 13 avril à 15 heures en l’église de Lussas. Notre titre présente à son épouse et à sa famille ses sincères condoléances.
J.L.Perrot
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7 Août 2004 Hommage à JEAN (de rieux ) |
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Souvenir et émotion au quartier ‘’Les Rieux’’
Le 9 avril 2004, Jean Amblard laissait à tout jamais un vide profond au petit quartier de Lussas, ‘’Les Rieux’’, sur le banc de pierre du Planet, la petite place de tous les carrefours où il aimait tant s’installer à l’ombre pour discuter avec les uns ou les autres, ‘’qu’ils soient du village ou bien d’ailleurs’’….. Ce passionné d’histoire locale à qui bien peu de choses avaient échappé, se plaisait à commenter la vie actuelle autant que les souvenirs du village -son village- pour qui il avait un attachement profond, mais le Planet, c’était son fief, et c’est là qu’il prenait le temps de jouer à merveille un rôle de grand-père universel qui lui allait si bien. Personne n’a oublié ‘’Pépé Jean’’, et surtout pas les enfants pour qui il avait un attachement particulier au point qu’en cette période estivale, son ombre semble encore s’imprégner sur le mur de la maison familiale. Les amis de Jean eux non plus n’ont pas oublié ‘’l’image’’, et afin de la matérialiser, ils se sont joints en ce samedi 7 août à sa famille et ses intimes pour personnaliser la place du Planet, haut lieu d’un quartier que Jean savait si bien animer. La nature …ou le hasard sait faire les choses…et l’architecture locale avait certainement réservé une place définitive à ‘’Pépé Jean’’ afin qu’il continue à veiller sur le quartier, et sur les enfants qui s’y retrouvent, y jouent et s’installent sur le banc où ils ont vécu tant de bons moments…Une niche qui domine la place, aux 4 chemins, et qui abritait un cadran solaire à reçu samedi 7 août une plaque en marbre gravée à l’image de Jean Amblard . Cette plaque a été réalisée par gravure au laser par la société Agier, d’après une œuvre exécutée par notre artiste local, Jeannot Viollet. C’est en présence de Madame Amblard que Jean Paul Roux, maire de Lussas à dévoilé la plaque sous les applaudissements de plus de cent personnes invitées pour l’occasion et parmi elles, trois ‘’Classarts’’ et amis de toujours : Michel Sauze, Casimir Faure et Georges Barbe, après que son fils Jean Edouard eut souhaité la bienvenue et remercié l’assemblée pour leur fidèle présence en ce lieu pour cet évènement. Au terme de cette courte cérémonie comme il en est de chaque évènement quand le Planet s’anime, un apéritif et un petit lunch était proposé aux invités. Et si maintenant, Jean est au pays des aventuriers, des libérateurs et des idéalistes, tout comme ses célèbres ancêtres, il n’en garde pas moins définitivement un œil sur le Planet, et les Rieux, et on peut penser qu’aujourd’hui, la place est bien gardée…
J.L.Perrot
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ou « LA VIE
D’UN ANE , 60 ANS SOUS UN BÂT » ________________________________________________________________
Récits
et dialogues contés et écrits , par Jérôme CHARRIER ( un cadet de Jean ) Introduction : L’ouvrage qui va vous occuper se veut le témoignage d’une aventure humaine peu banale , agrémentée par une compilation d’anecdotes et de tranches de vie , d’un homme , qui au gré des années qu’il a traversé , rappelle cette proximité qu’avaient certains anciens avec le quotidien , mais surtout leur adaptabilité aux événements qui les concernaient durant leur existence , comment , plutôt que d’être des figurants , ils apparaissaient tels des acteurs déterminants sur le devenir des lendemains , de leurs lendemains . Ainsi , parmi ces dits acteurs , un retiendra particulièrement notre attention ; j’ai nommé :
Jean de « Les Rieux » . Les divers chapitres de ce livre sont extraits de moult entretiens d’entre Jean de « Les Rieux » et de Jérôme Charrier . Considérez dès lors , que chacun sera à son poste , le narrateur et sujet de l’architecture de ce livre : Jean , et l’agenceur ; avec en guise d’outil le stylographe : Jérôme . Nos entretiens se sont déroulés quelques fois autour d’une table , mais le plus souvent lors de ballades dans la périphérie de « Les Rieux » . Dans la magie du décor , dont l’histoire de nos prédécesseurs à gravée son passage de son empreinte sempiternelle . Je précise pour le lecteur , que parfois , lorsque vous ne verrez que Jean sur le papier , il s’agira bien entendu de Jean de « Les Rieux » , si d’aventure , un autre Jean survenait , je le préciserai . Autre mise au point utile , et par respect de préserver l’authenticité du propos , l’écrivain certifie ne pas changer un iota , un mot des évocations de Jean , et si par extraordinaire un vocable revêtait un sens local ( du patois cévenol par exemple) , la traduction dans la langue de Molière s’ensuivrait immédiatement , par conséquent , la couleur du langage de Jean sera sauve , et le lecteur pourra savourer la teneur de l’idiome . Enfin , nous n’avons pas jugé indispensable , de narrer les faits dans un ordre chronologique , pensant que cela ne déparerait pas l’originalité de ce témoignage humain s’il en est ? Par acquit de conscience et de mise au point , les narrations qui vous seront proposées durant votre lecture , s’étaleront des années trente à nos jours . Merci ! Explication du sous titre . « La
vie d’un âne , 60 ans sous un bât » : La ruralité des années trente à cinquante menait la vie rude aux hommes de nos contrées , ou le sol est pentu , caillouteux , aride , difficile d’accès , parfois avec tous ces aléas à la fois , si , âne bâté veut communément dire : simplet , niais , imbécile par extension , un bât , lui s’éloigne de cette signification , un bât est à l’âne , ce que le joug est au bœuf , il s’agit d’un lourd collier de bois et de cuir destiné a amarrer les charges de la mule , du mulet et de l’âne évidemment . Un âne sous le bât veut dire pour l’occasion , si la métaphore est recevable , un homme devant faire face au dur labeur du aux contraintes du travail de la terre dans la période sus-citée , s’il en est une , avec un suppléant sans faille , la bête de somme . Vous avez compris , que Jean n’a pas bénéficié de tous les avantages de la mécanisation des engins agricoles tels que nous les connaissons aujourd’hui pour le travail de la terre . Ce paragraphe n’a pour autant pas la prétention d’enseignement et de pédagogie , il se veut être un rappel pour ceux qui ont mémoire de ce temps là . Tant mieux toutefois , s’il a instruit quelques uns d’entre vous . Pour que l’humilité jaillisse , bien d’autres que Jean ont vécu ces contraintes , il le sait , je le sais , vous le savez . Prolégomènes : Il est de ses hommes dont la rudesse de la vie n’a pas été suffisamment dissuasive , ni trop aigre pour lui en interdire l’accès à la bonne humeur et a la saveur du discours . Et c’est par là-bas , dans ces contrées campagnardes , flanquées entre les Cévennes et la Provence , alliant les deux climats , un peu de la montagne , un peu de la garigue ; les deux accents , les deux climats , et par un brio typique aux hommes de ces lieux ( comme le lieu dit précisément : « Les Rieux » .) , qu’une spécificité Vivaroise , an seing de l’Ardèche méridionale , s’est affirmée par la volonté des gens de ce pays , pliés aux forces vives de la nature , ces héritiers et descendants du peuple Helvien , et depuis quelques années , ( j’ose penser ) , les lointains neveux des propriétaires de la grotte Chauvet , dormant depuis des lustres , à seulement trente kilomètres de « Les Rieux » . « Les Rieux » : En patois local , les rieux signifient : les ruisseaux . Où sont « L es Rieux » ? « Les Rieux » , ce hameau de pierres que les hommes ont hissé en murs épais , au tout venant que la forme et de la dureté de ces dites pierres présentaient , et par une judicieuse capacité d’adaptation à l’environnement , ces hommes se sont installés près des ruisseaux qui pullulent sur se site aux traits austères . Et , un beau jour , le quatre janvier mille neuf cent vingt huit , un bébé voyait le jour , et ses parents lui donnèrent comme prénoms : Jean , Louis . En cette période d’entre deux guerres , la vie à « Les Rieux » était on ne peut plus rude , toutes les commodités actuelles étaient à venir , mais ; la ferveur des gens du lieu passait outre et l’enfance du gamin Jean s’égrenait dans les terres , et dans la basse-cour . Ce qui indique , malgré l’âpreté des journées du labeur , que l’alimentation n’était pas une question primordiale , et le rythme du quotidien au gré des saisons vit le bambin grandir … Jean , malgré la guerre a goûté aux plaisirs de la vie champêtre dans l’insouciance qui caractérise les adolescents … Et pour ce qui va nous occuper dans les anecdotes qui vont enjouer les lignes de cet ouvrage , nous allons nous intéresser , sur la commune de Lussas , en contre bas de la chaîne du Coîron ; à un de ses enfants du pays , un de ses piliers porteurs , incarné en la personne de : Jean de « les Rieux » . Qui est Jean de « Les Rieux » ? Jean est un de ces passionnés qui font figure dans une localité , et même bien au delà . Il devient inspirateur pour ceux qui hésitent , conseiller modéré et humble , et vous n’allez pas le croire , certains doivent en mémoire ses coups de gueule , et cela uniquement si l’injustice d’une situation planait et s’imposait à son sens . Bref , Jean est un rural , qui vante par de là les frontières , l’esprit gaulois qui est tant sujet de curiosité et d’admiration chez les autres peuples . Il incarne à lui seul , cette identité qui nourrit notre fierté , il est généreux , bougon , ripailleur , frondeur , tenace et républicain , le tout soutenu par une ardeur au travail qui lui vaut le titre de respectabilité , sans émettre un doute . Mais Jean , c’est aussi un idéaliste , un rêveur , un poète dans l’âme . Si vous rencontrez Jean au détour d’une laye , au croisement d’un sentier , vous ne pourrez que le reconnaître . Qui plus est , Jean aime à rire de bon cœur , et son humour n’est pas en reste . Enfin , dans cet ouvrage , vous verrez apparaître quelques figures de « Les Rieux » , notamment Michel , copain d’enfance de Jean et ami par la suite , et pour donner encore plus de corps à cette amitié , ils sont tous deux « classards » , ( dommage que ce mot ne soit pas académique , car il est d’un usage national ) . Encore un détail incontournable , Jean est très volubile , et il dégage beaucoup d’enthousiasme à raconter ses périples . L’histoire
du Docteur de Grenoble :
Je venais voir Jean chez lui , pour boire le café . Nous
avions prévu une courte randonnée , car il fait froid dehors en fin janvier .
Et puis , les chiens sont avides de ces escapades , au rythme nonchalant de
l’ancien . Il me fallait rappeler à mon ami ce qu’il m’avait plus ou
moins narré , concernant le docteur de Grenoble . Jean attache beaucoup de
valeur à ce récit . Aussi , sera-t-il le premier d’une série enthousiaste .
Lorsque le toubib dont il est question découvrit « Les Rieux » , il
en fit spontanément son pèlerinage hebdomadaire . Cet homme , époux d’une
femme dont rien ne surgit dans le récit , était de ces gens qui par leur
statut social ressemblaient à de ces notabilités qui impressionnaient les
contadins , du mois en étaient ils persuadés (?) . Donc , voici ce couple et
ses deux filles se fidélisant au lieu dit : « Les Rieux » .
Si je vous dis que la trame de ce
paragraphe a pour objet central les filles du docteur , que votre attente soit
pleinement satisfaite par ce qui va suivre . Il vous plaira venant de Jean
, l’appréciation suivante de l’historiette qui va suivre , ainsi , je
demandai à Jean :
-
Jean , raconte nous l’histoire du docteur !
Je me souviens du sourire en coin de Jean , et du plaisir que
ses yeux trahissaient . A ce moment , nous décidons d’aller marcher , pour
les chiens , et pour nous , bien sur . Dès que Jean se leva , les chiens
manifestèrent leur empressement , en aboiements incessants ; ils avaient
compris que leur maître et ami allaient faire un bout de chemin ensembles ,
comme chaque fois que le climat est clément . Quand nous arrivons au bas des
escaliers extérieurs , des gens en voiture nous saluent sans stopper . Oh !
Je sais pertinemment que ce salut s’adressait à Jean . Quand Jean se met à
affirmer :
- On arrive pas à connaître ! té , encore une autre ! ah ! bé , ça en fini plus , je te dis ! , c’est pire que les Champs Elysées ici !…..pour la circulation . Et , notre hôte
d’évoquer avec sa verve , les atermoiements du docteur . Et Jean raconte :
- C’était à la période des cerises ! , précisa Jean , et ,continuant , -
Ils venaient tous les ans au moment des cerises , passer un
week-end dans les arbres , et ils pique-niquaient chez ma
sœur et chez mon beau-frère parce qu’ils étaient …… et , c’était
tout un groupe d’intellectuels , oui , il faut dire ce qu’il en est , c’était
quand même un peu le gratin , c’était tous des profs agrégés , des
docteurs …. Voyant que Jean hésite , je lui dis à la hâte : - Des avocats ? - Non , y avait pas d ‘avocats ! Tu vois c’était quand même une ….heu !? ; c’était le dessus du panier comme je dis moi ! C’est pas parce qu’ils étaient au dessus du panier qu’ils étaient plis malins que moi , mais la preuve . Hé , hé ! - Et là , ce médecin et ses acolytes venaient donc au mois de mai , alors ? Demandai-je à Jean . ( mai , étant la saison des cerises dans l’Ardèche méridionale , ou nous nous trouvons précisément ) , ainsi Jean : - Au mois de mai oui ! Alors , je poussai Jean par ma question préméditée . - Pour les cerises ! Et il t’avait fait part des difficultés qu’il traversait avec ses filles ? - C’est en dire en discutant oui ! On discutait .. Il était embarrassé de … comment je te dirais ça ? Je me rappelle pas bien ! - Tu me l’avais évoqué , c’est lui qui t’avait posé la question : « Jean , comment faire ? Je ne sais plus quoi faire !? » . - Oui ! Oui ! ….je ne sais plus quoi faire ! C’est vrai , il avait des filles qui étaient assez grandes , vois ! Alors il me demandait sur l’éducation , non ! Pas sur l’éducation , mais sur le comportement de ses filles , heu !… , comment on dirait ? , hé ben en dehors de leurs études quoi ! - Je vais te rappeler ce que tu m’as dit ! - Oui ! - …..parce que … , quand une de ses filles voulait cinq francs , elle obtenait cinquante francs , n’est ce pas ? - Voilà , c’est ça ! Oui , il me disait que ses filles voulaient partir dans une communauté hippie , ….( silence ) , alors , il comprenait pas quel genre de vie elles voulaient mener , sauf que quand elles lui demandaient cinq francs , il leur en donnait cinquante , justement ! Alors il ne comprenait pas qu’elles veuillent partir dans une communauté hippie ( ?) , passer leur vacances , il le voyait mal ; alors je lui ai dit : « Elles en ont trop tes filles , elles savent pas ce qu’elles veulent ! elles connaissent que cette vue de … » , alors c’était , je me rappelle , il me disait , les croisières l’été , c’était les stations d’hiver , le ski , les stations d’hiver , tu vois de .., elles avaient tout , mais , tout ce que les enfants du peuple ne pouvaient pas se payer carrément quoi ! Alors , il me conseillait de leur faire à faire pour ..heu ! , pendant les vacances ! Et moi alors je lui dis , hé de les mettre au travail , pour leur apprendre à savoir ce que la valeur de l’argent , et puis , c’était marrant , parce ce que tout ce que je disais c’était , hé .., c’était paroles d’évangile ,….,hé , c’était paroles d’évangile ! Insista Jean en sourdine . Il ajoute , - Je lui dis , té , trouvez leur un travail d’été , et elles verront qu’à la fin de l’été , ce que c’est que le travail ! Alors , il est , il me demande de quoi !?
La
Généalogie : Jean au cours d’une de nos promenades rituelles , a tenu à m’évoquer quelques uns de ses ancêtres glorieux , et a d’abord dit : - Je ne sais pas si on a parlé que ma famille remontait à 1320 ? , je restais là , à ne pas l’interrompre , et il poursuivit : - J’ai retrouvé aux archives ( départementales et nationales ) … , l’arbre généalogique , j’ai pu remonter grâce a un cousin , jusqu’en 1570 à nos jours ! Et …, beaucoup de gars , heu ! , et il y en a qui veulent être descendants Amblard , je te le dis ! Ici , Jean insiste sur la démarche intéressée de quelques uns en ajoutant : - Il y en a qui sont venus me voir , en me disant : « …on est cousins , mais ( ?) , je ne sais pas depuis combien de générations ? Tu vois c’est …( ?) . Jean continue et , : - Si on faisait le machin de tous les Amblard , je crois qu’on serait nombreux , hé ! , et tu vois , dans les branches , j’ai des cousins jusqu’à trois générations que je connais ! Qu’on se fréquente un peu quoi ! disons !… C’est ce qu’on appelle les cousins d’enterrement , tu sais ? Et Jean sourit , toutefois il persiste dans sa pensée en continuant ainsi : - En principe c’est ça , les familles on se réunit maintenant , …., autant je me rappelle de ces repas de famille qu’on faisait , il y a quelques années que c’est fini et on peut plus se regrouper comme …….. . Notre hôte livresque parlant encore : - ….., mais je me rappelle moi , en étant gamin dit …. , mes parents , quand ils faisaient des repas de famille , dit , on était , hé ! Trente , quarante à l’époque , c’était après la guerre quoi ! En (45) , parce que pendant la guerre , heu ! … Ici , j’interromps Jean pour complément d’informations et lui demande : - Qui est ton papa , qui est ta maman ? Les
animaux domestiques de « Les Rieux » : Je ne pouvais pas ne pas faire part de mon ébahissement , à la vue du comportement de nos amis les chiens et les chats qui grouillent à « Les Rieux » , et Jean y est pour beaucoup dans l’harmonisation de ces bêtes . Il importe de laisser sur le papier une telle cohabitation , des gens du hameau et des fidèles compagnons à quatre pattes . L’usage veut que nous prêtions des quolibets , voire des prénoms aux infortunés mammifères à poils . Si je vous dis : « Patton » , « Balou » , « Babar » , qu’est ce que cela vous évoques ? Et «Missette » ? Qui n’a pas vu un chien suivre son maître ? Qui n’a pas vu un chat se faufiler ? En ce début d’après midi du vingt trois février , les chiens expriment leur joie par des jappements et des aboiements soutenus , ils ont compris que Jean s’apprête à effectuer son parcours champêtre quotidien , et ils deviennent frénétiques , à tel point que Jean dit : - Il a de la chance qu’il m’obéit , tu sais , sinon il prendrait un coup de canne … ! Je vous assure que Jean aime trop les bêtes pour les admonester . D’ailleurs quand Jean à haussé le ton , les toutous étaient tellement impressionnés , qu’ils ont aboyés de plus belle derechef , et notre ami d’insister : - Allez ! Allez !….( la voix plus forte ) , ça suffit !!! ….Allez ! …. Et nous voilà partis avec nos aboyeurs … Le(s)
Dolmen(s) : S’il est des authentiques émotions , accompagnées de contradictions , et “ad libidem” tout du long de ces échanges et de ces citations , quand Jean et Jérôme décident de creuser une tranche d’instant , ils s’accordent spontanément sur le devenir des heures qui vont être les nôtres dans l’histoire qui va nous occuper , ainsi , quand Jean dit :
-Oh ! Le dolmen , il y a quelques années que je n’y suis pas allé …., ( Je me dois de vous préciser , que , quand Jean et moi avons conclue de cet itinéraire de ballade , nous quittions une véritable saveur de tablée , non que nous ayons bu et ripaillé , mais par le dégagement de nos paroles tellement brutes et vraies , d’avec Bernadette , sa moitié , nous décidâmes de nous rendre à pieds au(x) dolmen(s) ) . En l’occurrence , si le pluriel se mêle au singulier , les vivaces résidents de longues dates de « Les Rieux » , par ce clin d’œil vous convie à penser que bien des édifices de pierre que l’on appelle usuellement : Dolmen ont été érigés de longue date , mais qu’importe , ça n’est pas le sujet , parce que , ce qui nous attire l’attention , c’est Jean de … Vous êtes devenus des familiers , non ? S’il vous plait , ressaisissez vous , car ; si la répétition ne ressemble en rien à la répétitivité , l’insistance du ressassement dépasse croyons nous ; et les situations , qui les instants , qui les opportunités ? Ce vingt six février de l’an deux mille trois , lorsque Jean et moi arpentions le vieux sentier qui mène au dolmen du hameau voisin , il s’agissait bien d’un chemin de la commune de Lussas , au lieu dit : « Mias » , comme de fait , nous avons vus des quidams aller et venir . Mais , si des gens de rencontre de nos « prises d’air » , ont une démarche de découverte de l’endroit , soit qu’ils en aient entendu parler , soit qu’ils l’aient appris par des organismes départementaux , ou autres associations , nous avons (en passant devant sa maison ) , stationner sur le devant de la porte en arcade de Raoul , aîné de Jean de dix ans . Et , il ne peut être qu’instructif de se voir converser avec des aînés . La
Rencontre : La
Fratrie : Bernadette
et Jean ont mis au monde , six enfants ; trois filles , trois garçons . Imaginons
cette mère et ce père mobilisés pour l’éveil de cette marmaille (comme il
se dit ) ; évidemment ça était le cas . L’éducation de ces enfants ,
leurs enfants fut-elle correspondante aux besoins des derniers arrivants de la
famille , mais itou , était-elle intégrée à l’endroit . La campagne , et
tout ce qui est afférent à cet environnement naturel . La tâche des parents
épaissie par ; et l’exigence de la culture agricole , et la santé
affective , morale et éducative de leurs chérubins , onc ne leur laissât
baisser les bras ni l’ardeur à la tache . En définitive , plus qu’un rôle
ou un devoir à remplir , Bernadette et Jean , n’ont-ils pas rendu cette présence
parentale bien espérée par tant d’enfants ? 60
ans sous un bât : Du
bœuf au tracteur : Dans ce pays qui vous est devenu familier dorénavant , il se fait école de remémorer que lorsque le deuxième conflit mondial pris fin , dans bien des campagnes de France , la bête de somme était le véhicule agricole le plus répandu . Quand , à l’aube de ses vingt ans (1948) , Jean vit la mécanisation du monde champêtre surgir , quand , le tracteur remplaça le cheval de trait , une révolution venait d’avoir lieu .Un véritable bouleversement , les animaux de trait , bœufs et chevaux , se verraient supplantés par des engins motorisés les battants en heures d’effort à fournir . Jean a vécu cette « passation » de services entre le bétail du sillon et les roues crantées des charrues à moteur . Véritable charnière sociale et philosophique . La modernité allait éconduire les vieilles façons de faire , la cadence allait s’accélérer avec un point de non retour . Que pensait Jean à l’idée de ce changement radical de cultiver ? - Tu sais ! , ( me disait-il !) , à l’époque , les bœufs et les chevaux , quand ils étaient fatigués , hé bé ! , ils s’arrêtaient ! Les
Illustres : Dans sa lignée , Jean est fier de narrer ses glorieux ancêtres . La
vigne et les pêchers : Lorsqu’il dut se retirer à l’âge ou il est louable de cesser de s’échiner , quand les enfants « volaient » de leurs propres ailes , quand , après un tour d’horizon du résultat des tonnes de terre remuée , quand , après des kilomètres de sillons , quand , laissant en souvenir la douleur du dos que la taille de la vigne et des vergers a confirmer sa tâche , à contrario de bien de ses contemporains , Jean , ne pouvait pas stopper de la plus simple sortie qui mène à la retraite . Jean fit son partage terrien . Un de ses fils , allait s’occuper de la terre , les autres enfants , se verraient gratifiés de bâtisses et de terres . Le successeur , Thierry , bien que volontaire , et , ayant connu sur les traces de son père , l’art du travail agricole , avait le désavantage des circonstances et des demandes d’un marché si pressant que pour pouvoir nourrir sa famille , Il eut fallu qu’il soit un gros propriétaire , et concurrentiel sur les coûts et les cours du marché. Lui
l’encrier , et moi la plume : Il parle , j’écris après . La méthode est soutenue par deux modes . Première façon , la notation instantanée ; deuxième technique , l’enregistrement de nos entrevues . Bien sur , je soumets le résultat du contenu à un de ses trois fils , et , par l’assentiment qui est dégagé , où , je réfrène mon élan , ou , le développement suit sa destinée , et ce , non sans en avoir référé au principal impétrant , Jean . Il aura fallu une nécessaire complicité entre Jean et moi , pour donner apparence et consistance à cette démarche , à la volonté de la mémorisation d’une vie . Rédiger sur un cursus aussi original soit il , impose un amalgame de légèreté et de rigueur , pour rendre son âme aux évocations du passé , il nous est vite apparu utile de s’imposer des répits . De ma place , la crainte majeure liée à notre entreprise , était de ne rien caviarder du récit , d’essayer de donner son épaisseur légitime à toutes ces anecdotes , d’inscrire de façon brute et crue out le relief du langage caractéristique de Jean , en vous laissant vous embaumer et vous baigner de cette atmosphère odoriférante , de vous rappeler aux décors qui nous cernaient , empli de ses quintessences typique de ce sud Ardéchois . Pour donner un visage a une entité de papier , cela ne peut pas s’opérer sans poésie et sans sensibilité . Si je devais peindre Jean avec des mots , alors je me demanderais : « qu’est ce qu’il faut apposer sur la feuille pour « cadrer » le sujet , et qu’il soit lisible et reconnaissable , et ce , avec un regard d’esthète ? » . Le volume du principal instigateur de ses lignes se devait d’être rendu par sa vie même , par ses paroles , par ses témoignages . Avons nous atteint cet objectif ? Si vous en êtes à ce stade de la lecture , je peux considérer que vous avez adhérer , et que le partage par transmission de citations vécues , a parfaitement rendu son aspect d’authenticité . Quelques
anecdotes spécifiques : Le
Partage : Il m’arrive de temps à autre , d’échanger quelques mots avec Bernadette (l’épouse) et Jean , et quand nous conversons , l’ambiance est toujours détendue , fidèle à l’isolement et à la grandeur de l’endroit . Car , sans ressasser ; pour bien que vous vous imprégniez de la personnalité de Jean , loin de tout prosélytisme , le rappel devient une sorte de familiarité , telle une tenace envie naturelle de vivre . Entre bien des interrogations , des curiosités , il paraît fondamental d’inscrire cette brève . Tous les vignerons avaient des droits d’alcool pur selon un quota établi depuis des lustres . D’ailleurs , ce droit disparaît au fur et à mesure que les exploitations disparaissent , ou , quand un viticulteur fait une passation . Bref ! Et à cela , quand je demandai à Jean : - Jean , tu disposais annuellement d’un droit de tant de litres de marc , est ce que tu en distribuais à certaines de tes relations ? Et Jean de répondre : - Bien sur ! Des bouteilles de trois-quart de litre ! , eus-je en rétorque , En insistant , je lui demandai : - Pourquoi ne pas stocker en contenant d’un litre ? - Ca fait plus d’heureux , car , plutôt que de donner trois litres à trois personnes , il semble plus sympathique de donner quatre trois quarts de litres à quatre copains . Non ? Qu’en penses tu ? Là !… de suite vous vous dites :
- Que pense-t-il en fait ? . Entre nous , ……………, mais
vraiment entre nous , il
m’était là ! ici ! donné
de réapprendre la solidarité . Jean répétât , fort de ce que sa faconde avait déjà rendue et , ;;; je restais pantois ; très impressionné , et , franchement , ça faisait plaisir à Jean . . Mais ne vous ne méprenez pas , bien des citoyens de nos régions ((et vous y êtes ) , dans la région) , fonctionnent à coup d’instantanéité . Et qu’est ce qui différencie Jean de nos autres aînés ?T Les justifications peuvent pleuvoir , or ça ne vaut pas une ondée du matin . Jean , sans le quémander se voit enrôler dans une fabuleuse destinée supplémentaire à son parcours même . Le cochon
à deux têtes : Quand j’ai rencontré Michel , le contemporain de Jean , il m’a demandé : - Est ce que Jean t’a raconté l’histoire du cochon à deux têtes ? - Ah non ! Répliquai-je . Qu’est ce que c’est que cette histoire Michel ? - Oh ! Son père était paysan , et il avait des cochons , comme beaucoup ici . Et à la période de janvier , on tuait le cochon . Il réfléchit un peu , et dans la lancée , Michel ajoute : - C’était pendant la guerre ! (39/45) Dans ce temps là , il fallait déclarer à la mairie , quand un paysan tuait le cochon . Mais le père de Jean , c’était un malin , et au lieu d’en tuer un , il en tue deux . Pendant la « charcutaille » , le garde champêtre vint à passer , et il hêle les charcutiers occasionnels et leur demande : - Qu’est ce que vous faites ? - Hé bé , on tue le cochon ! , répond le père . Or , en ce temps là , on pendait les têtes à une esse . Donc , notre curieux voit ces deux têtes et reste perplexe . Vous savez , dans nos régions de cette France , dite profonde , il y avait des phénomènes d’olibrius qui s’en jetaient plus de raison derrière la glotte . ( Encore de nos jours d’ailleurs ) , et il en était . Et voilà que notre préposé municipal s’en retourne au village . Mais avant sa venue , les tueurs avaient évacués un cochon vers un autre lieu pour ne pas être réprimandés , et ils avaient laissé la tête au crochet , d’ou , deux têtes pendues . Vous suivez ? Et dans le café de la commune , ne voilà-t-il qu’une étrange histoire se raconte par la bouche du garde champêtre . Et « écoutez » plutôt : - Vous ne savez ce que j’ai vu chez Amblard de « Les Rieux » ? . J’ai vu un cochon à deux têtes ! C’est bien la première que je vois ça ! Vous devez comprendre que malgré l’état de guerre , les commentaires ont du fuser dans les chaumières . Cela révèle aussi , ce sens unique qu’ont les descendants des gaulois pour la débrouillardise . Les
abeilles : Vers 1933 : Michel et Jean tous deux gamins de la commune , de surcroît de la même classe ( c’est à dire nés tous la même année) , étaient des gamins avides et curieux en ce temps là , comme bien de leur contemporains du monde rural , ils avaient l’espace et un immense champ de possibilités quant à leur apprentissage à la vie . Or , oui or Michel avait un père apiculteur .
L’institutrice :
Et
après : Jean s’indiffère de la gloriole et , du « m’as tu vu ? » , et pourtant , uniquement et seulement grâce à son rayonnement naturel , par la reconnaissance des gens qui le côtoient au quotidien , il représente une mémoire vive locale , et ç des égards une mémoire collective . C’est le genre de personnage qui se suffit à lui seul dans son essence , sans qu’il ne s’en préoccupe et mieux encore, sans que ses proches qui l’aiment n’en fassent cas . C’est la force du cru . Jean me transmet sans cesse en insinuations , qu’il a à cœur d’un devenir un peu moins chaotique pour ses enfants , ses petits enfants , et tous les enfants du monde . Il est , derrière sa rudesse apparente , ce que nous confondons avec une bonne patte , et il l’avoue hautainement que les animaux nous « coiffent » en amitié et que le genre humain devrait suivre l’exemple . Avant que vous ne quittiez
cette littérature qui vous mobilise , qui nous pose dans son contenu , la
question des lendemains ( ?) ,
la question dont il s’agit en l’occurrence
, n’est que celle qui vous tenaille , l’identique , la jumelle , la
« clone » ( en volant au vol ,
un terme d’une actualité qui sera si ancienne et ringarde dans moins
de temps qu’il n’est permis d’y croire ) , la seule évidente
interrogation qui doit apparaître ne peut que vous
réjouir , me réjouir , nous enchanter . Est ce que Jean est un aimable
parmi les vétérans ? Réponse :
Jean de « Les Rieux » vous souris de prime abord .
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